A propos Guillaume Blum

Professeur à l'école de design de l'Université Laval, spécialiste en gestion de l'innovation et des connaissances, je m'intéresse aux nouvelles pratiques de gestion et leurs conséquences sur le design des produits et des services, ainsi que sur les individus. J'explore les transformations organisationnelles découlant des changements économiques et sociétaux.

Appel à communication – 11e conférence de l’AGeCSO

L’Association pour la gestion des connaissances dans la société et les organisations lance l’appel à communication pour son 11e colloque, qui se tiendra les 22 et 23 mai 2018 dans le cadre de la semaine du management organisée par la fondation nationale pour l’enseignement et la gestion des entreprises (FNEGE) à la cité internationale universitaire à Paris. Le thème général du colloque portera sur la création des connaissances dans les organisations innovantes et leurs réseaux. Des sessions thématiques se tiendront également. L’appel à communication est disponible et à diffuser, et le site web du colloque est désormais ouvert.

Appel à communication – Apprendre dans les équipes au travail et dans les projets collaboratifs : Quelle place pour l’intelligence collective ? Worshop Partages d’expériences et de connaissances entre praticiens et chercheurs.

L’AGeCSO est partenaire du Worshop Apprendre dans les équipes au travail et dans les projets collaboratifs : Quelle place pour l’intelligence collective ? Partages d’expériences et de connaissances entre praticiens et chercheurs, qui sera organisé à l’ESM IAE METZ les 18 et 19 décembre 2017.

Si vous souhaitez participer, vous pouvez soumettre un résumé d’ici le 15 novembre prochain. Plus de détails dans l’appel à communication.

Un douzième élément au projet BourbaKeM

L’association pour la gestion des connaissances est heureuse de publier aujourd’hui le douzième élément du projet BourbaKeM, portant sur l’ingénierie des connaissances, écrit par Mme Nada Matta, professeur en Ingénierie et Gestion des connaissances à l’Université de Technologie de Troyes.

Le projet BourbaKeM vise à fournir des éléments de compréhension sur tous les points critiques du domaine de la gestion des connaissances. Le projet vise à permettre à des enseignants, des formateurs, des chefs de projet, des chercheurs débutants ou curieux etc.de s’approprier des notions jusqu’ici disparates et floues.

Onze éléments constituaient précédemment le projet. En voici le récapitulatif:

 

BourbaKeM est un projet en mouvement en recherche de rédacteurs. Si vous souhaitez contribuer, vous pouvez contacter Jean-Louis Ermine.

 

Management des Situations Extrêmes : Des expéditions polaires aux organisations orientées « exploration »

Pascal Lièvre (CRCGM et directeur scientifique de l’AGeCSO), Monique Aubry (UQAM) et Gilles Garel (CNAM) organisent un Colloque à Cerisy La Salle, en Normandie, du 14 au 21 juin 2016, sur le thème : Management des Situations Extrêmes : Des expéditions polaires aux organisations orientées « exploration ». Les managers sont confrontés à des situations extrêmes de gestion lorsqu’ils affrontent une action collective qui prend la forme d’un projet, intensif en connaissance, dans un contexte évolutif, incertain, risqué. Ces situations peuvent être voulues ou subies, d’urgence et/ou de crise. Dans tous les cas, elles font l’objet d’une forme de management spécifique où se côtoient créativité et fiabilité organisationnelle. Ce colloque permettra de revenir sur les principes et les dispositifs de gestion de ces situations en explorant différents types de terrains : des expéditions polaires aux démarches d’innovation de rupture en passant par les services secours incendie, Les travaux de recherche mettent en évidence trois registres qui permettent d’accroitre l’intelligibilité de ces situations : la construction du sens au sein des collectifs, les capacités d’ambidextrie organisationnelle et les dispositifs d’expansion des connaissances expérientielles et scientifiques. In fine, le management des situations extrêmes apparaît comme le management des ruptures qui obligent à un apprentissage « situé » dont la source est le potentiel humain créatif.

Ce colloque rassemble des chercheurs mais aussi des praticiens. Le programme complet et les inscriptions sont disponibles en ligne à l’adresse suivante : http://www.ccic-cerisy.asso.fr/situationsextremes16.html

avec par ordre chronologique : Armand HATCHUEL, Pascal LIÈVRE, Linda ROULEAU, Mondher KILANI, Géraldine RIX-LIÈVRE, Patrick COHENDET, Gilles GAREL, Sylvain LENFLE, Todd LUBART, Guy PARMENTIER, Benoit JOURNÉ (avec la collaboration de Hervé Laroche), Pierre-Jean BENGHOZI, Frédérique CHÉDOTEL, Geneviève MUSCA, Monique AUBRY, Jean-Pierre BOUTINET, Michel RECOPÉ, Jean-Louis ERMINE, Luc RIA, Jean-Philippe BOOTZ & Olivier DUPOUET, Claude GUITTARD & Éric SCHENK, Marc LECOUTRE, Claude PARAPONARIS, Jean-Claude COULET, Damien TALBOT, Catherine THOMAS.

Et des soirées avec : Pascal CROSET, Éric DÉPRAETERE & Bruno STEVENIN, Paulo GROBEL, Mehran EBRAHIMI, Anaïs GAUTIER, et les jeunes chercheurs du programme « Management des Situations Extrêmes » : Nabil AIT TALEB, Amélie ANDREY, Christelle BARON, Emmanuel BONNET, Stéphane CELLIER-COURTIL, Jacques CHABRILLAT, Nicolas LAROCHE, Géraldine MARQUET et Jing TANG.

Nous vous attendons pour cette belle fête de l’esprit !
Pascal Lièvre (CRCGM), Monique Aubry (UQAM) et Gilles Garel (CNAM)

Appel à contribution – « Le transfert intergénérationnel des connaissances en organisation: enseignements de contextes et disciplines divers » dans le cadre du 9ème Colloque GeCSO

Appel à communication thématique – GeCSO 2016
Le transfert intergénérationnel des connaissances en organisation: enseignements de contextes et disciplines divers
[Voir aussi la page dédiée à cette session thématique]

Une réflexion sur le transfert intergénérationnel des connaissances répond à un besoin important qui se manifeste dans différentes organisations aujourd’hui : confrontées à une pénurie de main-d’œuvre qualifiée et étant désormais encastrées dans une société du savoir, elles cherchent à assurer le partage des connaissances de leurs employés. Pour plusieurs organisations, l’absence de démarches intentionnelles de transfert intergénérationnel des savoirs a mené à des pertes considérées comme cruciales et fragilisantes pour leur pérennité. Faute d’une mémoire organisationnelle adéquate, la NASA notamment ne dispose plus des connaissances nécessaires pour atterrir sur la lune (DeLong, 2004) !

De multiples recherches sont nées en réponse aux défis susmentionnés. Dans le contexte du vieillissement de la population, omniprésent dans toutes les sociétés modernes, de nombreux chercheurs s’intéressent notamment aux caractéristiques des générations et aux rapports qu’elles entretiennent entre elles (Dufaut, 2009 ; Joshi et al., 2014). Dans les sociétés du savoir (Unesco, 2005) en particulier, où le partage des connaissances entre individus joue un rôle crucial pour le développement, le transfert des connaissances entre générations est devenu un objet d’étude. Certaines recherches s’interrogent sur les facteurs contextuels à considérer (Delay, 2006 ; Pijoan et al., 2012). D’autres travaux étudient le transfert intergénérationnel des connaissances dans différents contextes professionnels (Dalkir, 2010 ; Ebrahimi et al., 2008 ; Lefebvre, 2000). De plus, sont nées plusieurs travaux qui s’interrogent sur la nature des connaissances échangées, et notamment sur la difficulté d’assurer un partage des connaissances tacites (Lamari, 2010) qui semble surtout exister chez les générations plus anciennes (Holden et al., 2006 ; Leonarcl et Swap, 2005). D’autres études examinent les différences qui peuvent exister d’un pays à l’autre quant au transfert intergénérationnel des connaissances qui a lieu dans les entreprises (Kuyken, 2015 ; Shimada, 2014).

Quand le transfert intergénérationnel des connaissances est abordé depuis une perspective humaine (vs. technique) (Nonaka et Takeuchi, 1997), quels en sont les différents aspects qu’un travail interdisciplinaire (mobilisant par exemple les savoirs en éducation, sociologie, histoire, communication, psychologie et les sciences de gestion) peut contribuer à révéler et enrichir ? C’est dans cet esprit que cette session sollicite des contributions théoriques et des expériences pratiques.

Modalités de participation: suivre les modalités de la conférence GeCSO 2016, en précisant la session thématique.

Appel à contribution – « Prospective et management des connaissances » dans le cadre du 9ème Colloque GeCSO

Appel à communication thématique – GeCSO 2016
Prospective et management des connaissances
[Voir aussi la page dédiée à cette session thématique]

L’émergence d’un nouveau contexte économique depuis les années 90 se traduit selon de nombreux travaux de recherche comme un régime d’innovation intensive (Eisenhardt et Brown, 1998 ; Hatchuel et Weil, 1999 ; Amin et Cohendet, 2003 ; Foray, 2009). Dans ce contexte, le management des connaissances devient une source de valeur discriminante dans le positionnement concurrentiel des entreprises. La performance de l’organisation repose désormais sur sa capacité à générer, transmettre, capitaliser des connaissances afin de favoriser l’innovation (Nonaka et Takeuchi, 1995).

Parallèlement, le management des connaissances est devenu en une dizaine d’années un domaine de recherche à part entière qui se traduit par l’existence de près de trente revues référencées sur le plan international, avec près de 600 articles publiés annuellement (Blum, 2013). L’AGeCSO (association pour la gestion des connaissances dans la société et les organisations) réunit depuis 2008 un nombre grandissant de chercheurs et de praticiens afin d’échanger sur ces sujets, permettant ainsi la création d’une véritable communauté francophone de recherche.  Celle-ci se caractérise par une transdisciplinarité (voire une « indisciplinarité ») regroupant des chercheurs de différents champs : de l’informatique à la psychologie, en passant par l’économie, la gestion, la sociologie, les sciences de l’éducation et de la communication et les sciences cognitives. Ce champ parvient à une forme de maturité qui appel non seulement à établir un état des lieux structurants sur le plan du positionnement épistémologique, méthodologique et de ses frontières (Ermine et al., 2014) mais aussi à interroger son évolution future, à travers une réflexion prospective.

La prospective s’est définie quant à elle, dès sa formulation originelle, comme un phénomène fondamentalement cognitif. L’attitude prospective, dans son acception originale, consiste en effet à modifier les représentations en construisant des grilles de lecture en rupture avec les cadres d’analyses préexistants afin de « voir loin », de « voir large » et d’ « analyser en profondeur » (Berger, 1959).

En tant qu’activité collective, la prospective a opéré depuis plusieurs années un glissement du champ de l’anticipation pure vers celui de la décision et de l’action (Godet, Durance, 2011). Dans ce cadre, elle consiste essentiellement à parvenir à une meilleure intégration de la prospective et de la stratégie (Lesourne, 2001), en exerçant notamment une action sur les évènements et les jeux d’acteurs et en préparant les esprits aux changements. Cette recherche d’intégration entre les processus de réflexion (prospective) et d’action (stratégique) est à l’origine d’une prise en compte croissante des processus cognitifs dans les démarches prospectives.

Ces dernières ont ainsi opérées d’importantes mutations en termes de méthodes, de dispositifs et d’outils afin de prendre en compte les processus de création, de diffusion et de partage de connaissances qui accompagnent les démarches. Ces phénomènes se retrouvent aussi bien en prospective stratégique pour les entreprises (Bootz, Monti, 2009), pour les territoires (Durance, Godet, Mirenowicz, Pacini, 2007), en prospective métier (Boyer, Scouarnec, 2009 ; Monti, 2014), en prospective de l’environnement (Mermet, 2005) ou en prospective technologique (Durance, Kaplan, Puissochet, Vincent, 2008). Si bien qu’aujourd’hui la connexité entre prospective et management des connaissances fait consensus et devient un objet de recherche à part entière (Bootz, 2010).

Cette conférence a ainsi un double objectif :

  • Il s’agit d’une part de s’intéresser aux dimensions cognitives de la prospective en éclairant les impacts des démarches de prospective sur le management des connaissances :
    • Dans quelle mesure les démarches de prospectives sont-elles source de création de connaissances et d’innovation ?
    • Quel est l’impact des réflexions prospectives sur les représentations individuelles et/ ou collectives ?
    • Comment concevoir des outils et des dispositifs prospectifs adaptés à la création de connaissances ?
    • Peut-on appréhender une démarche de prospective comme une communauté d’apprentissage (communauté de pratique, communautés épistémiques, communauté pilotées) ?
    • Comment codifier la connaissance issue d’une démarche prospective ?
    • Comment favoriser sa diffusion ?
    • Quel est le rôle des experts en prospective ? Comment les identifier ?
    • De quelle(s) épistémologie(s) relèvent la prospective ?
    • Quelles sont les évolutions possibles des pratiques prospectives ?
    • Quel positionnement de la prospective en tant que discipline académique ?
  • Et d’autre part de porter un regard prospectif sur le management des connaissances à la fois en tant que pratiques et champ de recherches :
    • Quelles formes prendront, dans les organisations de demain, le partage, la codification et la diffusion de connaissances ?
    • Quels sont les nouveaux outils de KM qui apparaissent aujourd’hui et seront développés demain ?
    • Quelles sont les structures organisationnelles capables de piloter les connaissances demain ?
    • Quelle forme prendra l’entreprise intelligente dans le futur ?
    • Quel avenir pour les réseaux sociaux d’entreprises ?
    • Quelles évolutions possibles pour le champ du management des connaissances ?
    • Quels profils de managers vont émerger pour piloter l’entreprise orientée connaissances ?
    • Quel avenir pour les systèmes d’information ?
    • Quelles ruptures épistémologiques pose le management des connaissances en sciences de gestion ?
    • Comment favoriser l’innovation de demain ? Quelle R&D pour demain ?
    • Quel est le futur de l’ingénierie des connaissances ?
    • Quel est le profil de l’entrepreneur de demain ?

Modalités de participation: suivre les modalités de la conférence GeCSO 2016, en précisant la session thématique.

Appel à contribution – « Transfert des Connaissances, traduction et langages » dans le cadre du 9ème Colloque GeCSO

Appel à communication thématique – GeCSO 2016
Atelier Transfert des Connaissances, traduction et langages
[Voir aussi la page dédiée à cette session thématique]

Dans la pratique le transfert des connaissances est intimement lié aux opérations de traduction, ce qui pose des problèmes de langage. Que ce soit au sein des grands groupes internationaux, dans les PME internationalisées, au sein d’équipes projets multidisciplinaires ou simplement au sein d’une activité professionnelle collaborative la question du transfert des connaissances pose des problèmes de traduction soit d’une langue source vers une langue destinataire soit entre cultures professionnelles différentes. Dans l’Atelier nous accueillons les recherches qui font de la traduction, avec cette acception large, une notion clé pour comprendre les enjeux, les perspectives et les limites, voire la faisabilité, du « Knowledge Transfer »

Le développement des connaissances dans le domaine des Sciences du Langage en relation avec la science de l’informatique (Computer Science) est substantiel, surtout depuis la pragmatique et ce qu’il est convenu d’appeler le « linguistic turn » Le Knowledge Management (KM) qui a de nombreuses racines dans bien des domaines académiques a assez largement ignoré celui de la linguistique et de la traductologie (« Translation Science ») (Welch et Welch 2008) Tout se passe comme si le langage était transparent, sans consistance, ou, pour reprendre une image élémentaire, comme les poissons qui ne voient pas l’eau dans laquelle ils nagent.

Le Knowledge management est une discipline académique relativement jeune (Dalkir 2013) (Ermine et al. 2014) et sa sémantique est loin d’être stabilisée (Hislop 2013) Pour baliser le terrain il est possible d’adopter une notion de transfert des connaissances qui regarde les obstacles qui s’y opposent (Carlile 2004) et qui intègre des éléments de la « Translation Science » ou Traductologie (Janssens 2004) (Holden 2004 ; 2015) voire de la « Cultural Translation »

Lorsque deux communautés langagières sont en présence, la barrière linguistique, la « Syntactic Boundary » de Carlile, qui ne met pas le sens des mots au premier plan, est un obstacle qui peut être levé par un processus de traduction classique. (Holden 2004  et que Maddy Janssens qualifie de mécanique.

Cette forme de traduction classique repose sur le modèle de base de la communication de Shannon et Wearver (1949) qui fait du message, de l’information, une réalité distincte, indépendante, des protagonistes (le receveur et la source) Ce modèle classique de la communication inspire une grande partie des travaux dans le domaine du KM. Ils font des éléments de connaissance une réalité objective indépendante qui peut être manipulée, stockée, transférée…  Selon cette optique que Hislop qualifie d’ « Objectiv-Based » le transfert des connaissances est de la même nature en KM et en traductologie car il est admis que : « …language has a fixed and objective meanings » (Hislop 2013 p:38)

Selon l’approche Practice-Basedthe meaning of language is inherently ambiguous…” (Hislop op.cit p:38) Les connaissances sont socialement construites et culturellement ancrées. Tout processus de traduction entre communautés langagières différentes se heurte alors aux « semantic boundaries» de Carlile. Selon Janssens la « Cultural » forme de traduction doit être mise en place. Le traducteur devient un passeur de connaissances dans la mesure où il peut prendre en compte la culture du destinataire (Xian 2008) (Haas 2015) (Ribeiro 2007) Steyaert et Janssens écrivent en 2015 « Translation in Cross-Cultural Management : A matter of voice » Et non pas « a matter of codification » !

Nous pouvons bien reconnaître avec Nigel Holden et Harald Von Kortzfleisch que le « …Cross-cultural knowledge tranfer is a form of translation… » (Holden et Von Kortzfleisch 2004 p : 128) Le choix d’une langue « corporate » ne suffit pas à assurer un bon niveau d’intercompréhension. Même si un lion parlait notre langue, nous ne pourrions pas le comprendre car son monde n’est pas le nôtre nous dit Wittgenstein.

Carlile ajoute un troisième type de barrière la « Pragmatic Boundary » Elle fait référence aux jeux de pouvoir. Les changements possibles induits par une innovation entraînent l’apparition d’intérêts divergents. Une « Political Approach » qui génère selon Janssens des « Hybrid texts » peut permettre de faire émerger des « commons interests » (Carlile 2004) (Callon 1996) Le langage introduit immédiatement des relations de pouvoirs, différentes des relations de pouvoir hiérarchiques (Heizmann et Olsson 2015)

Les barrières linguistiques qui apparaissent entre communautés langagières différentes et les barrières de connaissances qui apparaissent entre cultures métiers différentes sont-elles réellement des obstacles au transfert des connaissances ? La réponse n’est pas certaine, si on considère que les connaissances sont produites pendant le déroulement de l’activité professionnelle qui réunit autour de son objet des compétences multiples portées par des individus disposant de ressources issues à la fois de connaissances explicites et tacites et à la fois collectives et individuelles. (embrained, encoded, embodied, embedded ou encultured) (Amin et Cohendet p:34) Si l’on regarde les connaissances ‘en train de se faire’ « knowing » (Paraponaris 2014) alors ce qui apparaissait comme barrière pourrait bien devenir condition du déroulement de l’activité médiée par les pratiques discursives et les artefacts. (Engeström 2007) (Lorino 2014) Le développement de méthodologie de recherche de type Participatory Action Research pour enregistrer les pratiques discursives au plus près et regarder la construction et l’utilisation des artefacts in-situ devraient approfondir la relation entre traduction, transfert et génération des connaissances. Quelques questions :

  1. Knowledge Management et Sciences du Langage : une fertilisation croisée pour comprendre la nature du transfert des connaissances et la nature de l’acte de traduction.
  2. « Cross-Cultural Management » et KM.
  3. Barrières linguistiques et barrières de connaissances : comment améliorer l’efficacité des transferts de connaissances au niveau des entités que sont les individus, seuls ou en équipe, les organisations, les réseaux.
  4. Quels artefacts ? quelles médiations ? quels « boundary objects » pour « traverser » les frontières et pour faciliter la génération de connaissances nouvelles.
  5. La traduction, au niveau international ou d’une équipe projet locale et multidisciplinaire : un acte de communication ou un acte de transfert des connaissances ?
  6. Transferts des connaissances et traduction : des relations de pouvoir à analyser in-situ ?
  7. Transfert des connaissances et codification : intérêt et limites des langages formels des informaticiens.
  8. Faut-il parler de transfert des connaissances ou abandonner le modèle, souvent implicite, de Shannon ?

Modalités de participation: suivre les modalités de la conférence GeCSO 2016, en précisant la session thématique.

Bibliographie

Amin, A., Cohendet, P., 2004. Architectures of Knowledge: Firms, Capabilities, and Communities, First Edition edition. ed. OUP Oxford, New York.

Callon M, 1996. Some elements of a sociology of translation: the scallops and the fishermaenos Saint-Brieux Bay., in: Law J (Ed.), Power,Action and Belief: New Sociology of Knowledge. Routledge, London.

Carlile, P.R., 2004. Transferring, Translating, and Transforming: An Integrative Framework for Managing Knowledge Across Boundaries. Organization Science 15, 555–568.

Carlile, P.R., 2002. A pragmatic view of knowledge and boundaries: Boundary objects in new product development. Organization Science 13, 442–455.

Dalkir, K., 2013. Knowledge Management in Theory and Practice, Édition : 1. ed. Routledge.

Ermine, J.-L., Lièvre, P., Paraponaris, C., Guittard, C., 2014. Un état francophone du champ du management des connaissances : la communauté GeCSO. Management & Avenir N° 67, 56–77.

Heizmann, H., Olsson, M.R., 2015. Power matters: the importance of Foucault’s power/knowledge as a conceptual lens in KM research and practice. Journal of Knowledge Management 19, 756–769.

Hislop, D., 2013. Knowledge Management in Organizations: A Critical Introduction, 3rd ed. OUP Oxford.

Holden, N.J., Von Kortzfleisch, H.F.O., 2004. Why cross-cultural knowledge transfer is a form of translation in more ways than you think. Knowl. ProcessMgmt. 11, 127–136.

Holden, N., Michailova, S., Tietze, S., 2015. The Routledge Companion to Cross-Cultural Management.Routledge.

Janssens, M., Lambert, J., Steyaert, C., 2004.Developing language strategies for international companies: the contribution of translation studies.Journal of World Business 39, 414–430.

Lorino, P., 2014. From Speech Acts to Act Speeches. Collective Activity, a discursive process speaking the language of habits, in: Language and Communication at Work: Discourse, Narrativity, Organizing. François Cooren; Eero Vaara; Ann Langley; HaradimosTsoukas.

Ribeiro, R., 2007. The Language Barrier as an Aid to Communication.Social Studies of Science (Sage Publications, Ltd.) 37, 561–584.

Steyaert, C., Ostendorp, A., Gaibrois, C., 2011. Multilingual organizations as “linguascapes”: Negotiating the position of English through discursive practices. Journal of World Business 46.

Steyaert, C., Janssens, M., 2015.Translation in cross-culturalmanagement.A matter of voice, in: The Routledge Companion to Cross-Cultural Management.Nigel Holden, SnejinaMichailova; Susanne Tietze.

Welch, D.E., Welch, L.S., 2008. The Importance of Language in International Knowledge Transfer. Management International Review 48, 339–360.

Xian, H., 2008. Lost in translation? Language, culture and the roles of translator in cross-cultural management research. Qualitative Research in Organizations and Management 3, 231–245.

Appel à contribution – « Ingénierie et connaissance » dans le cadre du 9ème Colloque GeCSO

Appel à communication thématique – GeCSO 2016
Session Ingénierie et connaissance
[Voir aussi la page dédiée à cette session thématique]

La gestion des connaissances dans la société prend notamment en charge des problèmes de circulation des connaissances, d’organisation des structures et des personnes, ainsi que des actions de partage, de travail communautaire, etc.

Tout ceci n’est rendu possible que par une véritable action d’ingénierie menée sur les connaissances. Considérer la connaissance comme un objet que l’on peut concevoir, étudier, installer, contrôler est certes réducteur quant à la dimension humaine et intime de la connaissance ; mais cela ouvre la voie à la constitution de modèles et d’outils de traitement dont une des principales finalités est de tirer profit de la connaissance disponible sur un domaine pour conduire un raisonnement artificiel.

La présente session « ingénierie » vise à recueillir des travaux menés dans les champs du traitement automatique de la connaissance :

  • de l’acquisition de connaissances de manière automatique ou non : élicitation de connaissances, extraction de données et/ou de connaissances à partir de textes, apprentissage supervisé, simulation à partir de modèles, simulation de modèles, etc. ;
  • des modèles de connaissances : proposition de concepts et d’articulation entre concepts pour rendre compte des actions menées sur les connaissances ;
  • de la représentation de connaissance et raisonnement : Raisonnement graphique, Raisonnement dans l’incertain, Raisonnement par défaut, Raisonnement qualitatif, etc. ;
  • de la capitalisation et transfert de connaissances et les méthodes d’évaluation de l’assimilation, utilisabilité, utilisation etc. de la connaissance transférée ;
  • de l’aide à la décision d’un acteur, ou d’un ensemble d’acteurs, à effectuer un choix entre plusieurs solutions susceptibles de résoudre un problème auquel il est confronté : optimisation, argumentation automatique ou semi-automatique, arbitrage, décision multicritère, etc. ;
  • de la cognitique, et plus généralement des travaux d’ingénierie orientés vers la prise en compte des préférences, limites et capacités humaines ;
  • etc.

Modalités de participation: suivre les modalités de la conférence GeCSO 2016, en précisant la session thématique.

Appel à manifestation d’intérêt: Atelier sur le thème – transfert des connaissances, traduction, médiation

En partenariat avec le groupe d’études management et langage, l’association pour la gestion des connaissances dans la société et les organisations est partenaire d’un atelier portant sur le thème du transfert des connaissances, traduction, médiation. Cet atelier aura lieu lors des États Généraux du management à Toulouse les 26 et 27 mai 2016. Vous pouvez contacter Alain Antoine pour de plus amples informations. En voici le thème:

Dans un contexte de management de projets complexes, à plus forte raison, s’il est  international, le transfert de connaissances passe par des processus de médiation et de traduction entre les groupes hétérogènes. Comment franchir les barrières de langage (dans son aspect linguistique et social), et de connaissances, inhérentes aux communautés ne partageant pas les mêmes codes? Quel rôle jouent les artefacts ou « boundary objects » dans les processus de médiation ? En quoi le langage peut-il constituer un boundary object pour faciliter l’intercompréhension?

Cet atelier vise une fertilisation croisée de trois grands courants actuels de recherche :  Knowledge Management, International Business et Sciences du Langage. Il est le fruit d’une collaboration de l’AGeCSO et du GEM&L qui s’inscrit dans le cadre d’un projet de programme de recherche associant praticiens et académiques centré sur l’analyse des pratiques discursives.

Comité scientifique: Alain Antoine, Université de Lorraine – CEREFIGE ; Betty Beeler, ESC Saint-Etienne – GEM&L ; Philippe Lecomte, Toulouse Business School – GEM&L ; Claude Paraponaris, Aix-Marseille Université – LEST -CNRS ; Anne Rohr, Université de Toulouse 2 ; Delphine Wannenmacher, Université de Lorraine – CEREFIGE.